Christopher et Damien Deroubaix, l'artiste (un brin caustique)

Publié le par Etudiants Paris 8



      
      Par souci d'économie, Damien Deroubaix a, à ses débuts à Paris, crée des pièces de taille moyenne car la peinture était cher et il n'avait pas la place de stocker toutes ses oeuvres chez lui, dans son "atelier". Puis il a déménagé à Berlin dans un appartement plus grand et paradoxalement moins cher (vous en êtes tout aussi étonné que moi, c'est normal). Là-bas, à l'inverse de Paris, le pouvoir n'est pas représenté par les images "qui nous bombardent comme dans le métro parisien" comme il dit.
      
       Dès le départ, l'oeuvre de Damien Deroubaix impressionne par son style nettement offensif. Il s'attaque à ce que reflète notre société avec ses aquarelles. Selon lui, elles sont à l'image de notre consommation d'images, c'est-à-dire dénuées de sens et multiples, ou du moins elles cherchent à nous faire comprendre cela. Dans celles-ci, signes et genres sont mélangés, et cela a pour but de critiquer la bête production et la surconsommation de l'image.
Il réalise des collages, superpose, détourne. De ce fait, il dévalorise l'image qu'on a de l'image (ou bien l'image tout court, enfin c'est imagé). Ironique, il laisse un certain capharnaüm envahir le cadre, se moquant ainsi du fait que l'image soit devenue commerciale. On est loin de l'image propre et magnifiée de certaines publicités, comme on avait vu (dans un  certain sens) avec les photographies de Danakil, qui pourtant travaille également dans le domaine des clips musicaux où certains de ceux-ci sont parfois idéalisés ou embellis. Dans son univers noir, on ne distingue aucune lueur d'espoir, tout n'est qu'horreur et perte de l'humain. D'ailleurs, la première fois que j'ai vu ses productions, ça m'a fait peur, en particulier un squelette de frères siamois qui fout les jetons.
Entre signes nazis, mort, squelettes et stigmates de la guerre, ce n'est pas vraiment "La Croisière s'amuse". Il est clair que tout y est hétérogène et se confronte. Mais ce n'est pas seulement les images qui sont sauvages, ses titres et légendes le sont tout autant, avec un fond de tragi-comique. Par ailleurs, ces derniers évoquent les bulles que l'on trouve dans les bandes dessinées. Peintre avant tout, il pratique aussi la sculpture. Il a été influencé par la publicité (tracts et prospectus reçus dans la boîte aux lettres), et par les images de la Seconde Guerre mondiale (clairement représentées dans ses travaux). Il tient tout particulièrement à représenter des symboles facilement reconnaissables tels que des croix gammées ou des requins (symbole du capitalisme),... Malgré tout, il arrive à trouver un peu de beauté dans ces horreurs de la réalité. Dommage qu'il n'ait pas montré plus d'entrain lors de la présentation de ses travaux (en plus, on l'a un peu refroidi sur le sujet de la dénonciation du système, alors que lui-même en fait partie, pour vivre, tout simplement). Néanmoins, je l'ai trouvé intéressant.


                                                        Christopher (23 89 76)  


     
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