Christopher fait un saut à la Galerie Chez Valentin
Exposition de Sophie Dubosc à la galerie Chez Valentin : Prolongation.
Dès le premier coup d'oeil, le spectateur ressent tout de suite une certaine ambiguïté dans ces installations pour le moins intriguantes. Les oeuvres de Sophie Dubosc, aussi étranges soient-elles, donnent l'impression de nous parler et donnent envie au visiteur de s'immiscer au plus profond de cette exposition. Tout ceci évoque irréfutablement des compositions surréalistes. De plus, une lumière blanche illumine le tout, dans des salles immaculées. Les formes, tirées de songes, se fondent et se mélangent dans cet espace d'un blanc pur. La plus attirante est un bassin rempli d'un liquide blanc où l'on trouve notre propre reflet. Ici, tout est comme figé et on a l'impression que cette exposition est construite sur une structure lacunaire, de constante absence, due en partie au blanc immaculé qui baigne les salles. Tout cela est très onirique, presque surréaliste, comme évoqué précédemment, avec ces fragments de corps assemblés dans le désordre (un bras lié à une jambe, deux jambes liées à deux bras,etc), des corps sans les têtes qui vont avec. On en ressentirait presque un malaise. Un monde d'apparence où tout s'emboîte, où tout est blanchi ou jauni avec une texture laiteuse due à l'effet de cire. Ces formes inertes donnent le sentiment au visiteur qu'elles vont bouger car leurs positions font croire qu'elles sont à la frontière entre équilibre et déséquilibre. La présence de souricières à la fin de l'exposition est, en revanche, plutôt implicite. Cette mise en scène fait penser à l'un des tableaux de René Magritte : L'Entr'acte (1927) où le même type de corps est mis en lumière. D'ailleurs, tout ce blanc favorise une certaine neutralité qui permet au regardeur de s'identifier, de faire corps avec la scène (ou pas, s'il ne fait simplement que visiter, et non pas visiter, cette exposition).
Christopher (23 89 76)