Candice Breitz (Zoé Bihouis)

Publié le par Etudiants Paris 8

      Au risque de vous paraître inculte, je viens de découvrir les œuvres de  Candice Breitz (sur les conseils de Nicolas Simarik, vendredi). J’ai été touchée et me suis sentie concernée par ses travaux. En particulier par Queen (A portrait of Madonna, 2005). Le concept est très intéressant, et sa mise en pratique l’est encore plus. Les trente écrans de télévision diffusant, chacun de manière simultanée, les performances de trente participants filmés individuellement, nous interpellent. Ils peuvent être regardés dans leur ensemble, donnant l’effet d’une chorale rythmée et dynamique, ou séparément, chaque participant s’adonnant à une performance individuelle. Une multitude de petites scènes se déroulent alors sous nos yeux… Et c’est magique ! Certains se contentent de siffler ou de chantonner, d’autres dansent, envoûtés par la musique (qu’ils peuvent écouter grâce à leur petite oreillette, très discrète), comme en transe. Qu’il s’agisse de fans (de Madonna) ou d’un public moins endiablé, chacun vit la chanson à sa façon. La star n’existe qu’à travers eux (« l’artiste n’existe que reconnu » !).

Becoming (2003) m’a également beaucoup marquée. To become : devenir. Suffit-il simplement de pouvoir imiter quelqu’un, dans sa gestuelle, dans sa manière de parler et de réagir, pour devenir ce qu’elle est ? Le fait qu’il s’agisse d’actrices célèbres ne nous facilite pas les choses, car elles-mêmes se mettent dans la peau d’un personnage et entreprennent ce même « exercice »… C’est une boucle sans fin ! Cette œuvre multimédia est avant tout une critique du langage médiatique, de notre rapport aux images médiatisées. Prélevées, détournées, découpées, décontextualisées, réappropriées par l'artiste, elles acquièrent une nouvelle signification, une nouvelle interprétation (c’est particulièrement frappant dans Mother & Father, 2005). Relation nouvelle entre le spectateur et les images. Les acteurs sont, en quelque sorte, les porte-parole de notre société, tout le monde peut se reconnaître à travers les personnages qu’ils incarnent (du moins dans les scènes de films sélectionnées par Candice Breitz).Et cela les place sur un piédestal, les transforme, petit à petit, en icônes (en est-il de même pour tous les artistes ?). Pris à part, chacun a une certaine forme d’originalité et diffère des autres acteurs ; mais ils sont, en même temps, tous « catégorisés »  et regroupés dans une seule et même étiquette : celle des stars. Cela nous renvoie à la double interprétation de Queen ou de Legend

Il y aurait encore des centaines de choses à ajouter là-dessus (n’hésitez pas, d’ailleurs !), mais je dois finir, à présent, mon prochain article.
Bonne inspiration à tous! 


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