Christopher et Danakil

Publié le par Etudiants Paris 8


     Danakil est un photographe et réalisateur français né à Lyon.
Trêve de bavardages, passons tout de suite à son parcours professionnel (de toute façon, il ne nous avait rien dit sur sa vie personnelle, et ce n'est pas plus mal). Faisant partie intégrante de l'art contemporain suite à l'élaboration en 2004 de son documentaire, ou plutôt de son docu-fiction Nappy sur la jeunesse dorée d'Auteuil-Neuilly-Passy (c'est pas du gâteau, Auteuil-Neuilly-Passy, tel est notre ghetto), il a d'abord beaucoup photographié les différentes "tribus", les divers groupes de l'adolescence extrême comme il dit tels que les punks, les skaters,...
     En 2006 est présentée en Europe son exposition, Le désespoir de ceux qui ont tout dans le cadre de French Art is not Dead (s'ils le disent). L'année dernière à Paris a été présenté sa dernière exposition : Nous serons les derniers (un enchaînement d'oeuvres plus abstraites traitant de la nature animale de l'homme et de son évolution) avec Le désespoir de ceux qui ont tout. Par surcroît, il réalise plusieurs clips musicaux et des publicités. Il faut savoir que Danakil n'est pas son vrai nom mais un pseudonyme (non, sérieux ?) emprunté au nom du dernier peuple répertorié sur terre (vers l'Ethiopie). Ces photographies contrastent d'ailleurs avec celles des publicités qui sont "propres et nets", si vous suivez ma pensée, mais pas spécialement fidèles à la réalité.

     Selon lui, le skate est comme l'adolescence : quand nous ne sommes pas en action, nous regardons les autres (agir). Il a été influencé par Larry Clark, lui aussi photographe et réalisateur. Il cherche dans ses travaux sur l'adolescence à "choquer", d'une certaine manière.
Dans Le désespoir de ceux qui ont tout, il a suivi une adolescente, fille de parents fortunés, qui avait tout ce qu'elle désirait, ce qui l'a conduit non pas un bonheur parfait mais à un désespoir et à une décrépitude progressive durant deux ans. Il a répondu visuellement à cela par des photographies noir et blanc très marquées, à l'inverse des publicités lisses et colorées. C'est revendiquer son malheur alors que l'on est privilégié (d'où le titre de l'exposition), ce qui n'est pas facile à faire passer comme message. C'est la fiction du désir qu'il aime à démonter. Dans le fond comme dans la forme, ce travail est appréciable. J'ai apprécié ses clips, et aussi le fait d'y insérer quelques éléments personnels et que ceux-ci ne soient pas qu'accesssibles aux gens ayant acquis les codes de l'art (l'un de ses clips est diffusé sur une chaîne populaire, MTV). Autre point important, les filles des clips ont dans l'ensemble bien été choisies (critère appréciable), surtout dans le clip Reaction. Paradoxalement, il a aussi produit une série de photographies très "solaires" comme il dit, très lumineuses (contrairement à ses photographies sur la fille de riches volontairement  en noir et blanc pour mieux montrer le côté "je suis en train de dépérir" et simultanément le côté "pourtant j'ai tout pour être heureuse (même si mes parents sont presque absents)") mais en même temps assez glacées, sans chaleur. Il a également été influencé tant par la peinture classique que par la peinture contemporaine. 

Bref, je trouve que ce fut le meilleur artiste (tant par le travail que par l'attitude) qu'on ait reçu avec Nicolas Simarik. 


                                                                                     Christopher  (238976)

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