Christopher et l'artiste contemporain (pour le moins baroudeur) Jérôme Dupin

Publié le par Etudiants Paris 8



        Le titre de mon article est dû au fait que cet artiste a exposé dans un très grand nombre de villes françaises (citées sur son site Internet), impossibles à énumérer en quelques phrases.Jérôme Dupin a fait ses études à Nice et obtient son diplôme en 1982.Ses cours de théorie support/surface prévalaient sur ses cours pratiques.Plus de réflexion, moins d'actes artistiques.Pendant huit ans et jusqu'en 1992, il travaille dans une agence de publicité pour ensuite (re)devenir artiste.Selon lui, ce n'est pas le sujet de la peinture mais le "comment" de la peinture qui importe vraiment, avis partagé par l'artiste américain Robert Ryman, l'une de ses références.C'est la couleur qui délimite la toile, couleur(s) qu'il peint d'ailleurs à revers.Il a commencé par peindre des lignes de haut en bas, et à main levée.Pour lui, le monochrome est une voie sans issue car étant un concept.C'est l'idée qui prévaut dans ses toiles, pas la picturalité ou l'aspect graphique.Ses oeuvres sont nées par hasard : il parle de recouvrement car c'est après s'être aperçu qu'il était un idiot (ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui) en ayant posé une toile sur une autre de même format qu'est née sa méthode artistique.Il ne voit pas l'intérêt de mettre un titre à ses oeuvres mais cela n'a rien à voir avec l'idée d'absence que ses productions véhiculent.Il est aussi enseignant au sein d'une école d'art.Il achète la peinture mais ajoute parfois des pigments.

      Peintre à ses heures, Jérôme Dupin réalise des toiles faites en acrylique, de taille variable, allant des formats 150 x 135 aux grands formats 226 x 315.Ses toiles monochromatiques peuvent tout aussi bien être plus grandes en occupant tout un pan de mur et débordant même sur le sol ou en occupant les façades de bâtiments ou de maisons (visibles dans ses projets in situ).Sur ces dernières, on remarque, non sans une intense force, une certaine orthogonalité ainsi qu'une nette régularité, qui n'ont d'égal que l'intensité des couleurs mises en lumière.
On note également que sa démarche picturale s'inscrit dans le domaine du vide, "de l'absence et pas l'inverse" comme il dit.En conséquence, le regardeur s'interroge sur le sens de cette oeuvre qui paraît neutre, vide de contenu, dénuée d'intentionnalité.Pour lui, un tableau n'est pas forcément un tableau, c'est une cassure dans les conventions établies par l'art de l'exposition (et non pas l'art tout court).Preuve en est, certains de ses travaux sont asymétriques par rapport au mur où ils sont placés, ils sont placés de manière oblique sur le mur, ce qui donne l'impresssion que le mur va littéralement tomber.Dans un tableau, il superpose une autre toile de même format mais en la positionnant de travers.De ce fait, une fois décollées l'une de l'autre, la toile du bas épouse les contours de celle du haut.Par ailleurs, ce système pictural évoque l'utilisation du pochoir.D'autres de ses monochromes présentent moins de régularité mais sont tout aussi anguleux.Leur format varie, entre petit et moyen, mais visent également le décadrage.La peinture, selon lui, n'est plus à la mode mais est liée au temps et vise à faire réfléchir pour laisser le temps au tableau de s'émerger.Duchamp, Matisse, Pollock, Hantaï font partie, entres autres, des artistes importants à son sens.


                                                                              Christopher (238976)
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